De tout cœur avec vous

Mots-clefs

, , ,

de-tout-coeur-avec-vous

Cela fait un moment que je n’avais pas écrit quelques lignes ici, parfois faute d’envie, ou de temps, voire les deux. Mais les récents événements de ces derniers jours m’imposent d’écrire, même si ces quelques caractères ne représentent que quelques gouttes dans l’océan d’Internet. Mais la tentative de meurtre dont ont fait l’objet plusieurs fonctionnaires de police, au cours d’un véritable guet-apens, et les manifestations des policiers de ces derniers jours, ne peuvent me laisser indifférent.

Pourtant, je ne suis pas fonctionnaire de police. Si vous êtes curieux, et lisez mes anciens billets, vous y lirez que j’ai failli le devenir. Et que j’ai également fréquenté de très près –a long time ago, in a galaxy far far away, des flics de tous grades et services. Et on peut également dire, avec toute la modestie et l’humilité de rigueur, que je l’ai été quelques temps, pendant mon service national. Et que jamais je n’oublierai ma fierté de porter l’uniforme lors de la cérémonie de fin de classe, même si j’arborai les « bandes de gazons » (les anciens souriront sûrement à l’évocation de ces quelques mots). Depuis bien longtemps, avant même mon service en tant que Policier Auxiliaire, j’ai donc cette sensibilité et cet attachement aux Forces de l’Ordre, qu’ils soient gendarmes ou policiers, et quels que soient leurs services (voie publique, PJ, services spécialisés…).

J’ai trop de respect pour ces hommes et femmes que je ne pourrai dire que j’ai été autant touché qu’eux suite à ces tentatives d’homicide, mais j’ai eu mal. Je me suis senti mal. Comment peut-on vouloir buter du flic, juste parce qu’il porte un uniforme bleu, ou qu’il est dans un kangoo sérigraphié (bon, déjà, ça c’est la loose…) ? Comment peut-on être aussi lâche à s’attaquer à 4 personnes qui travaillent pour le bien de tous (enfin, en l’espèce, s’assurer qu’une simple caméra ne va pas à nouveau être vandalisée) à plusieurs et masqués, afin d’être sûr de ne pas être puni ? Comment en est-on arrivé là ? Enfin, je me suis senti mal parce que j’ai pensé -et je l’assume- « pourquoi l’un des flics n’a pas défouraillé » ?

Cela a amené une autre question, que je n’ai pas vu -sauf erreur de ma part- : saluer le courage et le sang-froid des fonctionnaires attaqués et des primo-intervenants à ne pas sortir et/ou utiliser leur arme de dotation. Petite aparté, quelques jours plus tard, alors que quelques dizaines de nationalistes corses pas d’accord avec un décision de la justice républicaine balançaient allègrement des cocktail Molotov sur les forces de maintien de l’ordre en place sans qu’elle réagisse, un policier twittos que je suis posait la question du « syndrome Malik Oussekine ». Nos forces de l’ordre en sont donc réduite à ça, ne plus intervenir pour rétablir l’ordre Républicain parce que, il y a 30 ans, une « bavure » a été commise ? Et que cela pourrait coûter cher en termes d’image aux politiques en place ? Wokay, le premier flic ou gendarme à mourir cramé dans une manif sera content d’avoir évité ça un politicar professionnel qui n’a aucune idée de ce qu’il se passe sur le terrain.

Et c’est là l’un des problèmes… L’impact qu’a l’action de la force publique sur l’image du 1er flic de France, comprendre le locataire de la place Beauveau. Autre problème, l’impact qu’a l’action des opérationnels (ceux qui sont sur le terrain) sur l’avancée de carrière de ceux qui les gèrent. C’est volontairement que j’emploie le terme gérer, et non diriger. Parce que pour commander, il faut des tripes et du cœur, alors que pour gérer, il ne faut que savoir faire des tableaux croisés dynamiques…

Si on ajoute à cela les insultes, crachats, locaux et matériels datant de Mathusalem, et les avocats présents désormais depuis 2011 lors des gardes à vues (private jokes pour les amis avocats et flics qui me lisent), on comprend sans mal la saturation des forces de l’ordre aujourd’hui.

Pourtant, ce sont eux qui sont intervenus en priorité après Charlie, perdant plusieurs des leurs. Ce sont eux qui ont tenté de gérer comme ils pouvaient en attendant le RAID et la BRI lors de la nuit d’horreur du Bataclan il y a quasi un an. Enfin, ce sont eux qui ont mis fin à la course d’un camion conduit par un terroriste un soir de juillet dernier à Nice.

Et surtout, ce sont ceux que nous avons tous applaudi, embrassé, remercié depuis ces jours noirs qu’a connu la République, attaqué par l’extrémisme. Et même si on râle -parfois, contre eux, parce qu’ils ont collé une prune, ou retiré des points sur notre permis, ce sont eux qui protègent nos routes, nos maisons, qui arrêtent ceux qui ont cambriolé notre maison, ou ceux qui ont pris la vie d’un autre être humain.

Ils exercent un métier indispensable au maintien de la République que nous connaissons. Il faut leur donner des moyens matériels, mais aussi d’action. Il faut les soutenir politiquement et civilement (comprendre nous les citoyens).

Et surtout, si nous voulons mettre fin aux zones de non-droit, il faut les laisser agir. Les laisser aller chercher les petits caïds des bacs à sable, par la peau des couilles s’il le faut. Il faut suivre (jusqu’à un certains point) l’exemple de New-York où dans les années 80, où personnes ne sortaient plus à peine la nuit tombée dans certaines parties de la ville, ou encore où certains quartiers étaient la proie des gangs.

Certes, tout n’est pas rose encore là-bas. Certes, il y a eu des bavures. Mais si cela se passait en France, les flics que je connais -pour certains pas encore IRL malheureusement, sont tous unanimes là-dessus, un flic qui outrepasse ses droits doit être jugé (alors que bon, là bas, si le flic est blanc et l’autre pas blanc, les chance sont du coté de celui qui fait la bavure). Et le Code Pénal prévoit des circonstances aggravantes lorsqu’un fait délictuel ou criminel est commis par une personne dépositaire de l’autorité publique.

Alors messieurs et mesdames les politiques, préfets et hauts fonctionnaires de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationales, portez vos couilles, et redonnez aux Forces de l’Ordre la place qui est la leur, respectez le travail et l’engagement de vos troupes, ainsi que leur intégrité physique et psychologique… Parce que le jour où ils ne pourront plus nous protéger, les valeurs républicaines et tout ce qui fait la France n’existeront plus. Et nous serons tous dans la merde.

Pour finir, et croyez-moi, je ne voulais pas faire si long, un dernier mot : mes petits poulets et mes petits pandores, que vous soyez en tenue ou en civil, tenez bon. Continuez à revendiquer pour protéger votre vie, parce que vous protégez la nôtre.

Et si un jour y a une marche un week-end où vous invitez les citoyens, je viendrai vous montrer tout mon soutien et toute ma reconnaissance (ouai, j’ai malheureusement un patron qui s’en branle de vous, et qui ne m’autorisera pas à être absent pour celle prévue bientôt).

Semper Fi

Publicités